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COVID 19 : apprendre à vivre avec la maladie après la psychose des débuts

Jamais maladie n’a autant traumatisé le monde que la COVID 19 qui mérite amplement sa qualification de pandémie. Partie de la ville de Wuhan en Chine en décembre 2019, la maladie s’est très vite propagée à travers le monde, semant une certaine panique dans les pays touchés.

Causée par un nouveau virus appelé Coronavirus, la maladie qui a été baptisée COVID-19 a évolué en une pandémie touchant tous les continents. Un vent de psychose a alors envahi les responsables politiques et les populations, entraînant la prise de mesures draconiennes de confinement qui vont transformer plusieurs cités européennes en villes-fantômes.

Egalement touchée, l’Afrique a appliqué mécaniquement les mesures de confinement et de quarantaine observées dans les pays développés, sans tenir compte de ses propres réalités économiques

Les premiers cas de COVID-19 ont été dépistés au Burkina Faso le 9 mars 2020. Il s’agit d’un couple de Burkinabè revenu de Mulhouse en France, le 24 février 2020.

La réaction des autorités face à la maladie s’est alors manifestée à travers une cascade de mesures : fermeture des frontières terrestres, ferroviaires et aériennes, instauration d’un couvre-feu, fermeture des établissements d’enseignement, des marchés, des bars et restaurants, mise en quarantaine de toutes les villes ayant enregistré au moins un cas de COVID-19, interdiction de tous les événements d’envergure nationale et internationale, suspension des messes et des prières dans les lieux de culte, interdiction des manifestations regroupant plus de 50 personnes, etc.

Même l’Assemblée nationale a suivi le mouvement en suspendant ses séances plénières, tandis que 1207 prisonniers bénéficieront de la remise totale de leurs peines. Un cimetière pour des «enterrements sécurisés», en cas de décès liés à la pandémie a même été identifié.

Il faut souligner que dès le 30 janvier 2020, il avait été mis en place une coordination à la riposte avec l’activation du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS). Dans le cadre de la prévention et de la prise en charge des malades, le gouvernement a adopté en mars 2020, un plan national de riposte contre la COVID-19 et réquisitionné l’hôpital de Tengandogo pour l’hospitalisation des malades souffrant de la COVID-19.

Dans un message à la Nation, le président Roch Kaboré a annoncé le déblocage de 394 milliards de FCFA pour faire face aux conséquences de la crise dans le pays. Cette enveloppe prenant en compte le plan de riposte contre la COVID-19 et les mesures d’accompagnement des populations et des activités économiques et sociales.

Le président a relevé aussi les conséquences de cette pandémie sur notre économie qui sont entre autres :

– la réduction du taux de croissance de 6,3% à 2% en 2020 ;
-la baisse des recettes publiques, estimée à 306 milliards de FCFA, soit un déficit budgétaire de 5% ;

-le ralentissement général des activités économiques, tous secteurs confondus avec pour conséquence, des tensions de trésorerie de l’Etat. 

La communication gouvernementale sur la maladie va cependant, connaître des ratés et semé le doute au sein des populations quant à la réalité de la maladie au Burkina Faso. Le visage de la maladie qui a été montré aux burkinabè a été celui des personnalités.

Après le couple Mamadou Karambiri qui a été le premier cas officiel testé positif au Burkina Faso, six ministres, l’archevêque de Ouagadougou et l’ambassadeur des États-Unis au Burkina Faso ont avoué qu’ils avaient été testés positifs. La rumeur a alors enflé que la maladie ne touchait qu’une classe de personnes vivant dans un certain confort.

L’annonce le 17 mars du premier décès lié au COVID-19 au Burkina et qui serait une députée de 62 ans souffrant d’un diabète a créé la polémique. La famille de la défunte ayant contesté qu’elle soit décédée de la COVID-19.

L’affaire a été déportée à l’Assemblée nationale où la ministre de la santé, Claudine Lougué née Sorgho, interpellée, avait fait des affirmations qu’elle reconnaîtra fausses par la suite. Le scandale avait débouché sur le limogeage du coordonnateur national de la réponse à la pandémie, le professeur Martial Ouédraogo. 

L’opposition avait dénoncé « une gestion catastrophique » et exigé la démission de la ministre de la santé. Ce cafouillage au sommet de la lutte avait décrédibilisé les autorités et renforcé la fronde contre les mesures imposées par le gouvernement pour lutter contre la maladie.

Ce furent les commerçants qui ouvrirent les manifestations de rue pour exiger la réouverture des marchés. La pression des transporteurs routiers et de certains milieux religieux va obliger le pouvoir à reculer, à travers des mesures de « déconfinement », à partir du 20 avril 2020.

Principalement la réouverture des marchés et des lieux de culte, la suspension de la mise en quarantaine des villes touchées, la reprise des transports urbains et interurbains, l’ouverture des classes d’examen et la levée du couvre-feu.

Déjà confronté aux attaques terroristes et à une grave crise humanitaire, le Burkina Faso doit aujourd’hui relever le défi de la COVID-19 avec un système de santé très fragile. Une des leçons à tirer, c’est qu’il y a urgence à réhabiliter l’ensemble de notre système de santé qui a montré ses limites dans la gestion de la pandémie.

Au niveau individuel, les personnes doivent se protéger et protéger les autres en observant une hygiène rigoureuse, à travers des habitudes comme porter un masque, se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon ou les frictionner avec du gel hydro-alcoolique, se couvrir la bouche avec le pli du coude ou avec un mouchoir avant de tousser ou d’éternuer et respecter une distance de sécurité d’au moins un mètre.

Il faut dire à ce sujet que la maladie peut se transmettre d’une personne à l’autre par le biais de gouttelettes expulsées par le nez ou par la bouche, lorsqu’une personne tousse ou éternue. 

A la date du 31 mai 2020, le Burkina Faso comptait 884 cas positifs au Covid-19 dont 322 femmes et 562 hommes. Le nombre de guérisons est de 751 et les décès s’élèvent à 53. Actuellement, 80 cas sont sous traitement.

Plusieurs villes comme Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Houndé, Boromo, Dédougou, Kongoussi, Banfora, Sindou, Zorgho, Ziniaré, Kongoussi et Manga sont touchées par la pandémie.

Hamado Nana

ouaganews.net

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